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Journal d'un officier de Turcos

20 €

Unités d'Afrique Août 1870

Un texte extrêmement vivant

Le 19 juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse. Aussitôt, elle concentre toutes ses forces sur ses frontières de l'Est. Dans les rangs de ses armées, elle peut compter avec ses unités d'Afrique, parmi lesquelles les Turcos, régiment de tirailleurs dont les éléments indigènes avaient une haute réputation de bravoure.

Fait prisonnier à Sedan, le capitaine L. de Narcy utilise les longs mois de sa captivité en Allemagne pour mettre en forme les souvenirs de la campagne qu'il vient de vivre. C'est sur la base de notes prises durant celle-ci et pour témoigner de la valeur de ses hommes qu'il entreprend de rédiger son Journal, un texte extrêmement vivant qui raconte sa guerre, celle qu'il a vécue au milieu de ses hommes.

L. de Narcy témoigne des faiblesses du commandement, des dysfonctionnement de l'armée, du désordre qui la paralyse ou de l'indiscipline de troupiers mal préparés à la guerre. Mais il évoque ces lacunes militaires en replaçant son lecteur dans le feu de l'action, au niveau des hommes du rang dont il partage les joies, les peurs et les colères. Dès le 4 août, il est à Wissembourg où il s'épuise vainement à faire agenouiller ses hommes afin qu'ils ne se fassent pas tuer. Le 6, avant de lancer deux assauts à la baïonnette avec ses turcos qui se font décimer, il voit revenir les survivants de la fameuse charge de Reichshoffen, un face à face émouvant. Spectacle désolant, aussi, qui inquiète l'officier. Le récit de la retraite sur Saverne qui suit est tout aussi poignant : les hommes exténués, hébétés, affamés se transforment en pillards et Narcy - qui comprend les raisons de tels comportements - a toute les peines du monde à préserver son unité du désordre ambiant.

Les turcos rallient Chalons et, sous le commandement de Mac Mahon, entreprennent ensuite la longue marche qui doit les conduire à Sedan. Cette marche est rendue éprouvante par les intempéries ; elle est hésitante, aussi, et chacun s'interroge sur les chefs ou sur les forces de l'ennemi. Narcy nous fait partager les préoccupations des combattants, leur peur de la blessure ou les petits soucis du bivouac : le froid, la boue, la faim? Les turcos arrivent le 31 août à Sedan, exténués. Le lendemain, le régiment se retrouve bloqué pendant des heures sous le feu de l'artillerie ennemie, sans pouvoir bouger. Allant de l'un à l'autre, le capitaine s'efforce de rassurer ses hommes. L'émotion est à son comble. A défaut d'autre solution, coupés de leur corps d'armée, Narcy et ses hommes en sont réduits à errer dans les bois de la Garenne au sortir desquels ils sont fait prisonniers.

Auteur(s) : Narcy, Louis de
Présentation et notes Jean-François Lecaillon
ISBN : 2-909034-55-0
Broché / 256 pages

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